L'entrée d'un proche protégé en maison de retraite soulève d'un coup beaucoup de questions, souvent dans l'urgence et l'émotion. Qui décide vraiment de l'entrée en EHPAD : la personne, la famille, le tuteur, le juge ? Comment financer des frais qui dépassent fréquemment la pension de retraite ? Faut-il vendre la maison ? Et que reste-t-il à la personne pour ses dépenses personnelles ? Ce guide fait le point, en restant fidèle aux principes du droit de la protection des majeurs : protéger la personne tout en respectant, autant que possible, ses choix.
À retenir en une phrase : même sous tutelle, le consentement de la personne au lieu où elle vit doit être recherché ; et ce sont d'abord ses ressources qui financent l'EHPAD, complétées si besoin par des aides et, le cas échéant, l'obligation alimentaire des proches.
Sommaire
- Qui décide de l'entrée en EHPAD ?
- Qui paie les frais de maison de retraite ?
- Les aides qui peuvent compléter les ressources
- L'obligation alimentaire des proches
- Vendre le logement pour financer l'EHPAD
- Préserver l'argent de vie de la personne
- Le rôle du tuteur au quotidien
- Comment Filya vous accompagne
- Questions fréquentes
Qui décide de l'entrée en EHPAD ?
C'est une question sensible, et la réponse n'est pas « le tuteur décide à la place de la personne ». Le droit pose un principe fort : les décisions qui touchent au lieu de vie et au mode de vie relèvent d'abord de la personne elle-même. Sa volonté et son consentement doivent être recherchés autant que son état le permet.
Tant qu'elle peut exprimer un choix, on ne l'installe pas en établissement contre son gré sans précaution. Lorsque la personne sous tutelle ne peut plus consentir et qu'un désaccord existe, ou que la décision d'hébergement engage durablement son cadre de vie, l'autorisation du juge des contentieux de la protection peut être requise. En pratique, le tuteur travaille avec la personne, la famille et les soignants, et saisit le juge lorsque la situation l'exige plutôt que de trancher seul.
L'esprit de la loi est clair : l'entrée en EHPAD n'est jamais une simple formalité administrative que le tuteur réglerait de son côté. C'est une décision de vie, à entourer de garanties.
Qui paie les frais de maison de retraite ?
Le principe est simple : l'EHPAD est financé d'abord par les ressources de la personne protégée — pension de retraite, revenus, épargne, éventuels revenus du patrimoine. Le tuteur règle les frais d'hébergement à partir des comptes de la personne, comme il le ferait pour n'importe quelle dépense la concernant.
Mais le coût d'un EHPAD dépasse souvent les revenus mensuels. Quand c'est le cas, plusieurs leviers existent pour combler l'écart : des aides sociales, et, en dernier recours, l'obligation alimentaire des proches. Le rôle du tuteur est de mobiliser ces dispositifs dans le bon ordre, en commençant toujours par les ressources de la personne et les aides auxquelles elle a droit.
Les aides qui peuvent compléter les ressources
Plusieurs dispositifs peuvent alléger la facture. Sans entrer dans les montants, qui varient selon la situation et le département, voici les principaux.
L'APA (allocation personnalisée d'autonomie) aide à financer la dépendance, notamment le « tarif dépendance » en établissement, selon le niveau de perte d'autonomie.
L'ASH (aide sociale à l'hébergement), versée par le département, peut prendre en charge tout ou partie des frais d'hébergement lorsque les ressources de la personne sont insuffisantes. Elle suppose un établissement habilité à l'aide sociale et peut donner lieu à récupération sur la succession.
Les aides au logement (APL ou ALS) peuvent s'appliquer dans certains établissements, sous conditions.
Une réduction d'impôt liée aux frais de dépendance et d'hébergement peut également exister. Le tuteur a tout intérêt à vérifier, dès l'entrée, l'ensemble des droits ouverts pour ne laisser aucune aide de côté.
L'obligation alimentaire des proches
Lorsque les ressources de la personne et les aides ne suffisent pas — notamment dans le cadre de l'ASH — la loi prévoit que certains proches (enfants, et selon les cas d'autres débiteurs d'aliments) peuvent être appelés à contribuer au titre de l'obligation alimentaire. Le département évalue cette participation en fonction des revenus de chacun.
C'est un point délicat, qui peut surprendre les familles. Le tuteur n'est pas celui qui fixe ces contributions : c'est l'administration qui les détermine. Mais il doit anticiper le sujet, en informer les proches concernés et constituer les dossiers nécessaires.
Vendre le logement pour financer l'EHPAD
C'est souvent la question la plus lourde, affectivement et juridiquement. Le logement de la personne protégée bénéficie d'une protection particulière : il ne peut pas être vendu librement par le tuteur. La vente d'un bien immobilier d'une personne sous tutelle suppose l'autorisation du juge des contentieux de la protection.
Le juge vérifie que la vente sert réellement l'intérêt de la personne — par exemple financer durablement son hébergement — et veille au respect de ses souhaits. La loi entoure aussi de précautions le logement et les meubles qui le garnissent, en raison de leur charge symbolique : on ne se sépare pas à la légère du cadre de vie d'une personne, surtout si un retour reste envisageable. Le tuteur doit donc construire un dossier solide et obtenir l'aval du juge avant toute vente. Notre guide dédié détaille cette démarche.
Préserver l'argent de vie de la personne
Financer l'EHPAD ne doit jamais conduire à priver la personne de toute autonomie financière. La loi prévoit qu'une part de ses ressources lui reste à disposition pour ses dépenses personnelles : c'est ce qu'on appelle souvent l'« argent de vie » ou minimum laissé à la personne (le « reste à vivre » lorsque l'aide sociale intervient).
Cet argent permet à la personne d'acheter ce qui lui fait plaisir, de garder une marge de liberté et de dignité au quotidien. Le tuteur doit veiller à ce qu'il soit effectivement disponible et utilisable simplement, sans le diluer dans la gestion des frais d'hébergement. Préserver cet espace personnel fait partie intégrante de la mission de protection.
Le rôle du tuteur au quotidien
Concrètement, le tuteur d'une personne en EHPAD a plusieurs casquettes. Il règle les frais d'hébergement et de dépendance à partir des ressources de la personne. Il mobilise les aides (APA, ASH, APL) et constitue les dossiers. Il veille à l'argent de vie laissé à disposition. Il saisit le juge pour les actes graves (vente du logement, parfois décision d'hébergement contestée). Et il rend compte de sa gestion : chaque dépense doit être traçable pour le compte rendu de gestion annuel remis au juge.
Tout cela représente un suivi administratif et financier régulier, souvent chronophage, surtout lorsqu'on doit reconstituer le détail des opérations bancaires liées à l'établissement.
Comment Filya vous accompagne
C'est précisément sur ce suivi que Filya aide. Solution française pensée d'abord pour les tuteurs et curateurs familiaux (et aussi pour les mandataires professionnels), Filya centralise les comptes de la personne protégée via l'Open Banking, dans un espace chiffré et conforme au RGPD. Elle classe automatiquement les opérations — frais d'EHPAD, aides perçues, dépenses personnelles — et simplifie la préparation du compte rendu de gestion attendu par le juge. Sans engagement. Avant de créer un compte, vous pouvez interroger l'assistant Filya pour clarifier votre situation.
Questions fréquentes
Qui décide de l'entrée en EHPAD d'une personne sous tutelle ? Le consentement de la personne doit être recherché autant que son état le permet : ce n'est pas une décision que le tuteur prend seul. Lorsqu'elle ne peut plus consentir ou en cas de désaccord, l'autorisation du juge des contentieux de la protection peut être nécessaire.
Qui paie les frais d'EHPAD d'une personne sous tutelle ? D'abord les ressources de la personne (retraite, revenus, épargne). Si elles ne suffisent pas, des aides peuvent compléter (APA, ASH, aides au logement) et, en dernier recours, l'obligation alimentaire des proches peut être mobilisée.
Le tuteur peut-il vendre la maison pour payer l'EHPAD ? Pas librement. La vente du logement d'une personne sous tutelle nécessite l'autorisation du juge, qui vérifie qu'elle sert l'intérêt de la personne et respecte ses souhaits. Le logement bénéficie d'une protection particulière.
Que reste-t-il à la personne pour ses dépenses personnelles ? La loi prévoit qu'une part de ses ressources lui reste à disposition (argent de vie ou minimum « reste à vivre » en cas d'aide sociale). Le tuteur doit veiller à ce que cette somme soit réellement disponible pour ses achats du quotidien.
Les enfants doivent-ils participer aux frais d'EHPAD ? Si les ressources de la personne et les aides ne suffisent pas, notamment dans le cadre de l'ASH, certains proches peuvent être appelés à contribuer au titre de l'obligation alimentaire. C'est le département qui évalue cette participation selon les revenus de chacun.
Le tuteur doit-il justifier les frais d'EHPAD au juge ? Oui. Chaque dépense doit être traçable et figurer dans le compte rendu de gestion remis au juge, frais d'hébergement comme aides perçues et dépenses personnelles de la personne protégée.
Ce guide a une vocation informative et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Le droit de la protection des majeurs et les règles d'aide sociale évoluent : pour une situation précise, rapprochez-vous du greffe du tribunal judiciaire, d'un avocat, d'un notaire, d'un mandataire judiciaire à la protection des majeurs ou des services sociaux de votre département.
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